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Constructing the first municipal-level GIS for France and a multi-modal transport network

FR/ENG

Constructing the first municipal-level GIS for France and a multi-modal transport network

COlaborative Micro Mapping of UNExploited HIStorical District-Boundary Data/ Microcartographie collaborative de données historiques inexploitées : reconstitution des limites communales (France métropolitaine)

Ce projet est financé par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR, France) et par l'INED (France).

Notre carnet de recherche contient toutes les informations sur notre travail et nos avancées.       

Introduction

Le projet COMMUNE HIS-DBD vise à construire le premier SIG-historique restituant, année par année, les délimitations exactes des communes françaises, de leur création à nos jours, en y associant les données de populations et l’accès aux différents réseaux, de 1750 à nos jours.

Il combine l'expertise de l'INED (équipe dirigée par Isabelle Séguy), du Cambridge Group for the History of Population and Social Structure (CAMPOP) basé à l'Université de Cambridge (équipe dirigée par Alexis Litvine), et du laboratoire ThéMA de l'Université de Bourgogne-Franche-Comté (équipe dirigée par Thomas Thévenin). Il bénéficie également du savoir-faire et de l’assistance technique de l'Institut National de l'Information Géographique et Forestière (IGN) et du soutien actif des plus éminents chercheurs européens, réunis au sein de l'Advisory Board.

Faute de s'être appuyées sur des documents historiques, aucune des tentatives précédentes n’est parvenue à produire une base de données cartographique fiable et précise de tous les changements de limites administratives. Comme personne n'a encore entrepris une reconstruction historique si minutieuse, à l'échelle de la France métropolitaine, le tracé exact et la délimitation des unités administratives historiques restent largement inconnus. L'expertise historique et cartographique unique de notre équipe nous permet de relever ce défi et de combler ce vide historique majeur. 

Grâce aux travaux pionniers de Motte, Séguy et Théré, recensant tous les changements administratifs ayant affecté les communes depuis 1801, nous avons conçu une méthode permettant de reconstituer les limites administratives historiques avec efficacité et précision. Nous combinons l'étude de sources historiques et cartographiques, dont les cartes produites par Service Géographique de l'Armée (SGA) et par l'IGN, ainsi que d'autres documents cartographiques tels que des plans cadastraux et des relevés topographiques. À l'échelle nationale, environ 15% des quelque 41000 communes existant ou ayant existé, nécessitent une campagne systématique de numérisation des cartes historiques afin de pouvoir identifier et reconstruire leurs anciennes limites administratives.

Figures 1 à 4 : Géoréférencement de la limite entre les communes de Louvignies-Bavay et Bavay

BD TOPO boundariesGeorectified map including corrections

1.     Limites de le BDTOPO; 2.     Carte géoréférencée, avec les corrections

Drawing historical boundariesResulting GIS boundary

3.     Tracé des limites historiques; 4.     Tracé des limites pour le SIG

Au fil des ans, le Cambridge Group for the History of Population and Social Structure (CAMPOP) a développé une expertise reconnue en reconstruisant les limites des paroisses anglaises et galloises pour la période 1831-1881, à partir de sources moins abondantes qu’en France. Le SIG-historique des paroisses et des communes anglaises et galloises est désormais la référence utilisée par tous les historiens, géographes, archéologues et économistes pour cartographier les données historiques de l'Angleterre et du pays de Galles, et les fichiers SIG issus de ce travail sont utilisés par nombre d'universitaires dans domaines très différents.

Grâce à une équipe hautement qualifiée de chercheurs et d'assistants de recherche, travaillant à la fois en France et au Royaume-Uni, nous mettrons la France à égalité avec les autres pays européens, et ouvrirons la voie à de nouvelles analyses comparatives et quantitatives fondamentales pour la recherche française. 

Au terme du projet, nous nous engageons à produire le premier et le seul SIG-H retraçant les changements de limites des communes françaises de 1790 jusqu'à nos jours. Cette base de données sera en outre enrichie de données topographiques, démographiques, socio-économiques, et environnementales. Pouvoir lier ces données à des unités spatiales fines, à travers le temps et, par le biais de ce SIG-H, sera une avancée majeure pour l'analyse quantitative de grands ensembles de données appliqués à l'histoire française moderne et contemporaine. Cet outil nous permettra également de comparer les variations spatiales et historiques de ces variables-clés entre plusieurs pays, avec un niveau de détails et de précision jamais atteint auparavant. Enfin, l'ensemble de notre production sera mis à la disposition de la communauté scientifique, garantissant à la fois la transparence, la traçabilité et la diffusion de nos travaux. Grâce à une base de données relationnelle associée aux différentes shape files du SIG, l’ensemble des documents historiques et des cartes que nous aurons mobilisés pour reconstruire ces limites seront mis à disposition de tous les chercheurs.

RECONSTRUCTION DES RÉSEAUX DE TRANSPORT HISTORIQUES EN FRANCE, DE 1750 À NOS JOURS

Les données géo-historiques qui existent sur les infrastructures de transport françaises ont été partiellement numérisées par différentes institutions, à des degrés d’exhaustivité divers : le réseau ferroviaire a été entièrement vectorisé pour la période 1832 -2015 avec des données sur l'ouverture et la fermeture des lignes, l'évolution des innovations technologiques (électrification, matériel roulant, ligne à grande vitesse, etc.). Le réseau routier correspondant aux années 1750 a été numérisé à partir des cartes de Cassini (1750) par le laboratoire COGIT de l'IGN (Perret et al., 2015). 

Dans ce projet, il s’agit pour nous : 

i) d’adapter les données ferroviaires existantes à une échelle beaucoup plus fine, qui est celle utilisée pour le SIG des communes françaises ; 

ii) de vectoriser le réseau routier pour deux années de référence (1830 et 1910), en utilisant les cartes d’État-Major pour la période 1820 à 1866, et les cartes 1900 (type 1900) numérisées par IGN pour la seconde période ; 

iii) de numériser les voies navigables 1700 jusqu'à nos jours. L’investissement le plus important dans la collecte de données est à faire sur les voies navigables françaises. Nous partons d’une base de données existante sur les liaisons fluviales, les écluses et les tunnels, que nous complétons avec les données produites dans le cadre du projet Babel. Cela comprend les dates de construction de tous les canaux existants, leurs dates de mise en service et les évolutions techniques dont ils ont bénéficié. Ce jeu de données sera complété avec des informations extraites des travaux de Delalande (1778), Grangez (1855) et Pinon (1886), pour pouvoir évaluer la vitesse et les coûts de transport, à partir des droits de passage.

Rail network

Le réseau ferroviaire français depuis 1860 (Thévenin / Mimeur)

CONSTRUIRE UN MODÈLE MULTIMODAL D'ACCESSIBILITÉ DES TRANSPORTS SUR LE LONG TERME

Nous allons aussi constituer un ensemble de données homogènes et comparables sur l'accessibilité, de 1750 à nos jours. Cela nous permettra de mieux comprendre la morphogenèse des réseaux de transport en France. De cette façon, nous serons aussi à même de quantifier rigoureusement les effets des changements dans les réseaux/modes ? de transport sur les inégalités spatiales et, inversement, d'analyser dans quelle mesure les politiques publiques ont influencé l'organisation des réseaux.

L'approche multimodale nous permettra d’observer les effets multi-scalaires des interactions spatiales, en combinant des analyses microscopiques et macroscopiques. Associer les routes, les voies ferrées et les voies navigables dans un même modèle nous aidera à évaluer l'impact des innovations sur les territoires, suggéré par Dupuy (1991) mais jamais quantifié. Nous calculerons aussi les effets potentiels induits par la substitution et/ou la complémentarité des réseaux de transport. Enfin, nous proposerons une analyse morphologique des réseaux, afin d'observer l'impact de la co-évolution des systèmes de transport sur la dynamique des populations, et notamment sur l'émergence des centralités. Ces différentes hypothèses seront testées au travers de comparaisons systématiques entre le Royaume-Uni et la France.

Railway accessibility

Animation : Les effets du chemin de fer sur l'accessibilité à Paris (Thévenin / Mimeur)

Description de la méthodologie

Méthodologie

PIs

  • Isabelle Séguy, INED

  • Thomas Thévenin, ThéMA - Université de Bourgogne

  • Alexis Litvine, CAMPOP, Pembroke College 

Participants

  • Raphaëlle Boissard, INED

Raphaëlle est responsable de la collecte des données historiques/data manager. Après des études d'histoire à Paris IV - Sorbonne, elle a choisi de se spécialiser dans la gestion, la conservation et la valorisation des archives. Elle a passé les deux dernières années à travailler aux Archives nationales et elle est passionnée par la richesse et la diversité des archives/documents. Au cours des deux prochaines années, elle visitera 90 archives départementales ! Sa familiarité avec les arcanes du monde archivistique sera une aide précieuse tout au long du projet.

  • Arthur Starzec, UCL/INED

Arthur est un archéologue, géomaticien et doctorant à mi-temps à l'Institut d'archéologie de l'UCL. Il étudie le développement des réseaux de transport au Royaume-Uni et en France et leur relation avec les mouvements régionalistes. Parallèlement à son travail sur le SIG-COMMUNE, les thèmes de recherche d'Arthur portent sur le nationalisme, l'identité spatiale et l'archéologie du paysage.

  • Christophe Mimeur, ThéMA - Université de Bourgogne

Christophe est Maître de Conférences à l’université de Paris-Cergy Pontoise, au laboratoire Mobilité, Réseau, Territoire, Environnement. Il est spécialiste de la géographie des transports. Il a une approche géohistorique pour qualifier les interactions entre espace et réseau. Ses thèmes portent sur la diffusion des réseaux de transport selon les agglomérations, par la combinaison des réseaux. Il travaille également sur les liens entre politiques publiques et accessibilité dans les espaces de faible densité humaine.

  • Christine Théré, INED
  • Bénédicte Garnier, INED
  • Leigh Shaw-Taylor, Cambridge
  • Max Satchell, Cambridge

Progrès

Utilisation des données

Avec un peu plus de 6 000 modifications territoriales en un peu plus de deux siècles, la reconstruction des limites administratives historiques, à partir de données fiables, est non seulement un travail réalisable, mais surtout nécessaire pour de nombreuses recherches historiques à venir. Depuis que nous avons lancé le pilote de notre projet en janvier 2018, nous avons été contactés par plusieurs collègues, travaillant dans sur des thématiques diverses, mais tous intéressés par nos données. Dans certains cas, nous avons pu leur fournir des jeux de données correspondant à leurs problématiques de recherche :

  • Schwartz (2010) a utilisé la base de données des chemins de fer français pour évaluer l'effet des chemins de fer sur la restructuration de l'agriculture après la crise agraire.
  • Henneberg (2013) a utilisé les données SIG des chemins de fer pour une étude comparative du rôle des chemins de fer dans l'intégration européenne au fil du temps.
  • Dehdari et Gehring (2018) utilisent ces nouvelles données sur les changements administratifs pour évaluer la fiabilité d’une étude expérimentale sur les régions frontalières entre la France et l’Allemagne. C’eut été impossible auparavant, mais le géoréférencement des modifications territoriales, auxquels sont associés, entre autres données, les chiffres de population aux différents recensements, leur permet des estimations pertinentes au niveau micro. Plus précisément, ils utilisent des informations sur la population et sur sa densité pour évaluer si le tracé de la frontière, après la guerre franco-prussienne, a été déterminé par des facteurs démographiques.
  • Heblich, Redding et Sturm (2019) utilisent les données démographiques des communes pour définir de manière pertinente ce qu’est le centre de Paris avant et après les réformes haussmanniennes de 1860. La réorganisation des arrondissements a profondément modifié leur superficie, ce qui rend difficile les pondérations. Répartir la population en quartiers et en communes est une méthode beaucoup plus fiable pour générer des unités spatiales cohérentes au fil du temps. Nous utilisons ces informations pour tester la réplication de nos résultats sur Londres, ce qui suggère que l'essor des moyens de transport facilitant la communication avec les banlieues a entrainé la dépopulation des centres-villes, au profit de leurs environs devenus accessibles.
  • Ryavec (2019) a utilisé nos données pour proposer une étude de cas entre la France et la Chine à l’occasion d’un cours de géographie historique (Cartographie de l'histoire politique au cours du temps).

  • Teirlinck et Remigereau (2020) vont utiliser nos données pour leur projet sur « Persistance historique du vote à droite : preuves du rapatriement postcolonial des Algériens français »  en associant les données du recensement à l’entité communale exacte, de 1962 à 1999. À partir des recensements et des données électorales, ils évaluent l’impact à court terme que ce choc migratoire a eu sur les résultats des élections nationales (en 1967), dans chaque circonscription. Ils mesurent également comment la présence de communautés de rapatriés influe sur le vote Front national aux élections nationales et locales, de 1978 à 2002, en considérant leur implantation locale, en 1968, au niveau communal et au niveau des circonscriptions électorales.

Autres mentions:

  • Prof Eric Brian: 'Ce projet servira à tou(te)s les historien(ne)s qui voudront examiner les phénomènes démographiques et économiques de l'époque moderne en étant dès lors en mesure d'en saisir de manière réaliste la dimension spatiale. En son principe, il servira sans doute d'exemple pour d'autres pays ... C'est pourquoi j'appuie sans réserve ce projet, et s'il venait à aboutir, je peux annoncer dès aujourd'hui que je m'y associerais avec enthousiasme : pour ma part ce serait une nouvelle étape dans une recherché conduite depuis 1990, soit près de trente années, et dans la perspective plus longue qu'offre l'histoire des sciences, ce serait l'aboutissement de travaux commencés à Paris vers 1770, soit il y a près de 250 ans !'.

Dans toutes les publications et communications en ligne, nos ensembles de données doivent être mentionnés comme suit : 


French Historical GIS, 1700-2020. Administrative units, Populations, Transports, Economy. (forthcoming 2022), doi. 10.5281/zenodo.3727274


Si vous souhaitez utiliser nos données ou demander des données spécifiques pour l'un de vos projets, veuillez contacter Alexis Litvine [adl38@cam.ac.uk].
Vous pouvez également remplir directement le formulaire suivant :

Partenaires

  • CAMPOP
  • Université de Bourgogne
  • INED (Institut National d'Études Démographiques)
  • IGN (Institut Géographique National)
  • Généanet

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